L'écume des rêves

30 mars 2020

Les sentiments du vent.

Souvent le vent souffle chez moi. Il me chante ses sentiments, il me charme. Il me caresse et m'embrasse, me séduit, me pourchasse. Il me susurre sa persistance, me confesse son désir. Mais je repousse son impatience, trop vive, trop intense. Alors, devenu glace, il se vexe, s'insurge de mon refus. Il enfle et se boursoufle, s'engouffre dans mes cheveux. Je suis une feuille dans sa folie qu'il chiffonne à sa guise. Je deviens girouette qu'il désaxe et déstabilise. Il siffle et me harasse, me gifle et puis me casse. Il se hérisse, feule, croasse : conspire mon agression. Il se déchaîne et déchire le son, hurle sa frustration. Il souhaite me désosser, pense à m'asphyxier : il aspire à venger ses émotions froissées. Mais si je cille, chancelle, ou chois, il cesse soudain et puis s'efface. Lâche, il se dissimule, me houspille et m'accuse. Honteux, il se cache, se faufile et s'excuse. Sous mon silence, il ressasse et geint, son désespoir chuinte de ses blessures. Il revient et oscille, avant  d'oser me chuchote doucement sa convoitise. Je frisonne à son secret, me ravise puis hésite face à sa franchise. Finalement je concède et accepte, j'exauce son voeux. D'abord il flanche, souçonne une illusion, suppose une hallucination. Mais je le persuade : je suis sûre de mon choix. Alors il fuse dans les airs, il danse et virevolte. Et tout s'envole en farandole. Bouleversé, il redescend et m'enlace fébrilement. Je sens sa chaleur s'infiltrer dans mon coeur. Il me chante ses sentiments. Oh que j'aime les hululements du vent.

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29 mars 2020

Regret (poème)

Elle ouvre la porte,
Et admire le ciel.
Elle use ses ailes,
Oublie la cohorte.

Elle se laisse choir,
Ainsi fermant les yeux,
Soupir illusoire,
Entre terres et cieux.

Elle émet un regret,
Dans l’éternel azur.
Elle ressasse, sait
L’atterrissage dur.

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28 mars 2020

Lampe-proie...

Je nage dans l'obscurité. Ma petite lanterne me laisse encore croire que je ne suis pas aveugle. 

J'ai peur.

Je sers un peu plus contre moi ma bulle d'oxygène. Dernière réserve d'espoirs. J'ai dû quitter la grotte des rêves : les cristaux oniriques remplaçant petit à petit la réalité, j'ai eu trop peur de ne plus jamais en ressortir.

Maintenant, c'est la peur de ne pas trouver la surface à temps qui me glace le sang. 

Enfin . . . Cette angoisse et le fait que les ténèbres englobent chaque millimètre de mon corps. L'eau glaciale s'infiltre toujours plus dans ma robe, l'imbibant et triplant son poids. J'ai tellement froid que je ne sens plus mon corps : seul mon esprit m'affirme que j'avance. 

Tout à coup, j'aperçois une lueur autre que la mienne. Je cligne plusieurs fois des yeux, abasourdie. Serait-ce la lumière du Soleil ? Pourtant, je pensais nager à l'horizontal ? Peu m'importe, j'ai perdu mes repères depuis longtemps. J'accélère, des larmes de joies perlant dans mes yeux. Je vais sortir de cet enfer. 

Mais, plus je me rapproche, plus je me comprends que ce n'est pas le Soleil qui me tend ses bras. Non, c'est une autre petite fille. Elle sourit gentiment, avec une aura si rassurante qu'elle en devient lumineuse. Est-ce un ange ? Certes, je ne suis pas remontée, mais je me demande même si ce n'est pas mieux. 

Je lâche mes affaires pour la prendre dans mes bras, en pleurs. Un sentiment de soulagement m'envahie : je ne suis plus seule.

Elle me rend mon étreinte et me caresse le dos, d'une manière appuyée.

Euphorique et curieuse, j'essaye de me dégager pour voir son visage : impossible. Elle me tient d'une poigne de fer, une force insoupçonnable partant de ses bras maigres. Doucement, je nous sens partir en avant. Je regarde autour de moi, en essayant de plus en plus de me dégager. Sa si gentille lueur m'éclaire : sous mes pieds, je vois du sang. Je panique, lui parle, lui crie, lui hurle de me lâcher. L'air s'échappe de ma bouche et l'eau s'y infiltre goulûment, remplissant mes poumons en quelques secondes.

La petite fille, ou plutôt l'appât, me relâche sur la langue visqueuse de ma peur. Il referme vicieusement sa bouche, se delecte de son rare mets. Ses dents me transperçe progressivement. Mon corps si frêle tressaute de douleur.

 

En un sursaut je meurs.

 

En un sursaut je me réveille.

 

En un sursaut je sors de ce simple rêve.

 

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27 mars 2020

Poème inspiré du film 1917, dont la musique « I am a poor wayfaring stranger » me hante par sa beauté.

Le soleil caresse ma peau,

La mélodie traverse mon coeur.

J'écoute le ruisseau,

Adossé contre un pleureur.

 

Ma lettre est en chemin.Accompagnée d'hirondelles,

Accompagnée d'hirondelles,

Le vent l'emporte en vos mains,

Je rentre avec elle.

 

Le jardin bourgeonne,

La maison est calme.

Tout en moi s'abandonne,

À la floraison de mon âme.

 

Dans un fatal écueil,

L'oisillon tombe du nid,

L'amour sur ma feuille,

De vermeil s'évanouie.

 

De mes péchés c'est le faix.

Mais cette divine punition,

M'autorise la paix,

Me libère de mes actions.

 

Le pollen me berce.

Le vide occupe la tranché,

Autant que celle adverse :

Je suis seul dans l'immensité.

 

Le papillon, posé sur ma manche,

Se repose, trouve ma froide peau.

Sereinement, il s'étanche,

Me butinne et ressere l'étau.

 

Après quelques battements d'ailes,

Il cueille ma dernière exhalation,

M'emporte avec lui dans le ciel,

Et signe cette nouvelle saison.

 

 

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26 mars 2020

« La rivière que j'ai sous la langue » (Poème inspiré du premier vers de « La rivière » de Paul Éluard)

La rivière que j'ai sous la langue,

Elle énerve les autres.

Ils me disent de la tarir,

De la stopper.

Mais je ne peux pas :

La vie y abonde,

Les poissons nagent à contre-sens.

Mais la rivière coule à l'envers,

Et je me perds,

Et ils me disent de soustraire,

Ce qui sort de moi,

Mais je ne peux pas,

Cette rivière,

Qu'ils implorent de se taire,

Elle chuchote, gronde, crie,

La vérité que personne ne dit.

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Dans les méandres de l'océan...

Un ami éloigné ? Quoi de mieux qu'une belle lettre personnalisée accompagnée de quelques mots doux ?

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